TRUMP : Le fact checking de @spleenter — 1/2 #souvenir2016

En 2016, la France a vécu 24h de roue libre grâce à Donald Trump

 

Dans la famille souvenir 2016, dur de faire l’impasse sur le 8 novembre dernier, qui a vu la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Seulement une trentaine de sondages le donnaient gagnant (contre plus de 300 l’estimant perdant), d’où le surplus d’intérêt, de surprise et de réactions diverses et variées ; forcément, la quasi intégralité de la classe politique française y est allée de son petit commentaire de circonstance, de même que certaines célébrités en tout genre.

Plusieurs télés ont couvert en direct cette « nuit américaine » pendant de longues heures, réalisant du même coup de jolies audiences. Le sujet est logiquement resté en tête des trending topics sur les réseaux sociaux pendant plus d’une journée, ce qui n’arrivera sans doute plus jusqu’à la mort de Justin Bieber. Avec le décalage horaire, dès le petit matin, la journée du 9 novembre a été assez agitée de notre côté de l’Atlantique.

Je ne sais pas si c’est quelque chose de particulièrement positif, mais cela faisait de nombreuses lunes que l’on n’avait pas été témoin d’une excitation pareille, avec tous les dégâts collatéraux que ça comporte.

Rétrospectivement, c’était un des moments les plus délicieux de l’année 2016… Souvenez-vous.

 

Le pragmatisme

Il en faut. Certaines marques y sont allées de leur petite blagounette histoire d’exister en cette période sensible, pareil pour les annonces dans l’événementiel.

 

 

De très rares anonymes ont malgré tout rappelé que Trump c’est pas top mais qu’Hillary c’était pas Byzance (tous ceux qui ont lu « Beyonce » peuvent arrêter ici la lecture) non plus.

 

 

D’autres, plus nombreux, ont souligné le décalage des prévisions et des sondages officiels avec les résultats définitifs. C’est finement observé mais ça passe apparemment mal quand la remarque vient d’un footballeur professionnel.

 

 

Les traditionnels nuisibles sont une fois de plus sortis de leur terrier pour faire le lien forcément logique entre le succès de Trump et l’urgence de voter l’année prochaine « pour qu’une pareille catastrophe n’arrive jamais en France ».

Défendre son steak

À première vue cela se rapproche du pragmatisme, sauf que l’on parle de névrosés, angoissés et autres mégalos qui n’ont pas ou peu de connexion directe avec la réalité.

Forcément, on retrouve des politiques, Rama Yade en tête, qui a semble-t-il fait l’approche la moins subtile de toute l’histoire de Twitter, et ça inclut pourtant la drague en DM à coup de dick pics.

 

 

Le député Robert Rochefort a essayé de faire croire à tout le monde qu’il ne s’était jamais branlé dans un magasin de bricolage (pourquoi pas) à proximité d’enfants (sans doute un hasard), pensant sans doute que ça passerait ni vu ni connu grâce à l’agitation générale du moment.

Manque de pot des rabats-joie lui ont rappelé qu’il avait surtout plaidé coupable. Mais fallait la tenter, on sait jamais Bébert.

 

Christiane Taubira a accusé Facebook d’être responsable du résultat de l’élection, parce que c’est vrai que ce serait dommage de faire l’impasse sur le classique « c’est la faute à Internet » au point où on en est. Quant à Jean-Christophe Cambadélis il a joué la carte de la prise de conscience, ce qui a moyennement marché selon un échantillon représentatif de mecs pas contents.

 

 

Des courageux journalistes ont tenu à défendre l’honneur de la profession en répétant jusqu’à plus soif que non, personne ne s’était trompé ou n’avait couvert la campagne de manière orientée dans les médias US, et que même si c’était le cas bah en plus ça changeait rien.

 

 

Là où ça devient très fort, c’est que même le New York Times a reconnu ses torts dans un édito assez autocritique. On pourrait croire que cela suffirait à calmer les ardeurs corporatistes de confrères, surtout quand un océan les sépare, mais apparemment non, la peur panique du discrédit jeté potentiellement sur toute la presse est trop forte. Ce qui nous amène au point suivant.

La dignité

Des journalistes sans doute incompétents et irresponsables ont reconnu que la presse dans son ensemble s’était un peu oubliée sur ce coup-là.

 

 

La gagnante du Goncourt, qui s’était faite copieusement insultée pour cause d’arabisme lorsqu’elle a remporté la récompense, a posté plusieurs petites phrases assez calmes et posées mais surtout réalistes et assez loin du ton hystérique ambiant.

Voilà, j’espère que ça vous a plu parce que les réactions classes s’arrêtent ici.

 

 

Ceux qui en ont fait des caisses sans qu’on sache bien pourquoi

Certains malappris ont fait remarquer que ce happening était plutôt cocasse venant d’une émission qui humilie régulièrement ses propres chroniqueurs et dont l’un desdits chroniqueurs a fait le buzz avec ce qui ressemble beaucoup à une agression sexuelle, sans parler de la chroniqueuse qui a expliqué à tout le monde que son patron qui lui choppe la main pour la mettre sur sa queue c’est pas méchant, mais bon, il y a des jaloux partout.

Il faut reconnaître une chose à Cyril Hanouna : son positionnement lui a valu des insultes venant à la fois de mecs d’extrême droite, de gauche, et de sans étiquettes, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

 

Les réseaux sociaux, dans ce genre de situation, suscitent chez leurs utilisateurs une sorte de pulsion animale primaire qui les force à réagir le plus vite possible à l’actualité. Quand c’est pour faire des vannes c’est plutôt sympa, malheureusement une grande majorité opte systématiquement pour la pleurniche, et c’est à celui qui le fera le plus rapidement et surtout le plus fort.

On a déjà connu ça avec l’épidémie des « Je suis Charlie » de doux débiles qui ont découvert après coup ce qu’était le journal, c’est évidemment insupportable mais amusant à observer. D’autant qu’ici la plupart de ces gens ne s’expriment pas en anglais, ce qui relativise légèrement la portée de leurs propos auprès du citoyen américain moyen.

 

Il y a aussi la version agressive : ceux qui prennent les électeurs d’outre-Atlantique de haut et stigmatisent les USA comme la contrée des beaufs et de la médiocrité par excellence. Rappelons qu’on est un pays qui a déjà eu une finale Lepen vs Chirac, puis mis Sarkozy au pouvoir avant d’élire Hollande, entre autres parce que DSK ne pouvait pas se présenter suite à une accusation de viol, et qu’actuellement la présidentielle de 2017 semble dépendre de la question épineuse du cochonou à la cantine pour les petits musulmans. Mais au moins on n’est pas américains, hashtag soulagement.

 

 

Une trentaine de personnes, qui n’ont selon toute probabilité ni famille ni amis, s’est déplacée pour manifester place de la République avant de se disperser. Ou peut-être que c’était simplement leur point de rendez-vous avant de se faire un ciné, c’est dur à dire.

 

 

Ensuite vient le grand classique : les champions qui postent des pavés en se prenant pour des porte-paroles ou des guides spirituels. En général vous les reconnaissez à plusieurs traits facilement identifiables. D’abord leur texte débute toujours par une formule de fin d’épisode de sitcom des années 90 du style « je crois qu’il y a une leçon à tirer de tout ça », ensuite il y a des fautes de frappe parce que c’est écrit trop vite ; l’expression « prise de conscience » ou une similaire reviendra toujours au pire moment ; enfin, si on a affaire à un winner il se permettra de donner des précieuses leçons de vie dans une conclusion qui appelle bien évidemment à voter en 2017. On vous épargne l’illustration, vous avez tous au moins trois gros lourds de ce modèle dans vos contacts.

L’émission Quotidien nous a offert une séquence inoubliable avec ce plan sur les gens du public qui pleurent en comprenant que Monsieur Orange a gagné et que le point culminant de la carrière d’Hillary restera à jamais cet épisode de South Park où elle avait une bombe nucléaire greffée dans le vagin. C’était le spectacle le plus drôle de l’année jusqu’à ce qu’il soit détrôné par les images des paumés en pleurs il y a quelques semaines au QG de Sarkozy en apprenant sa défaite aux primaires.

 

Des animateurs télé ou affiliés ont exprimé leur désarroi, souvent en surjouant comme des pieds (et surjouer à l’écrit c’est pas donné à tout le monde) mais s’ils avaient du talent de ce côté on les verrait au cinéma donc c’est excusable.

 

To be continued…