« Pigeon, oiseau à la grise robe dans l’enfer des villes
Hyperactive Jerk #expo »
Feadz, la conversation #archive
Par Sébastien | Publié : 18 novembre 2015
*D’un titre que tu composes avec ta copine, c’est devenu un hit, comment tu l’as vécu ?
Si c’est vraiment un hit, on le saura… c’est vrai qu’il y a une petite magie qui s’opère avec ce morceau. Personnellement je n’ai jamais été attiré par ce truc de hit, je suis touché par toutes sortes de musique, et parfois même très mainstream, mais j’ai toujours compliqué les choses pour mon son, j’ai peut-être ce côté immature de faire de la musique qui ne plaît pas à ses parents !
Pour Pop the glock, je n’étais pas tout seul, il y avait Uffie et un pote à moi, ingénieur du son, qui m’a donné un coup de main, et effectivement il y a un truc qui s’est passé, mais ce n’était pas forcément l’ambition première de ce morceau.
*Tu travailles souvent avec des gens…
Non, pas assez… aujourd’hui Paris ça n’est pas comme Berlin. Chacun est un peu dans son délire, les gens gardent leurs trucs pour eux, il n’y a pas ce partage qu’il me semble y avoir à Berlin, c’est un peu dommage.
*C’est assez français comme démarche, non ?
Oui, et d’essayer d’être un peu plus haut que les autres aussi, il y a ce truc un peu dur à Paris, mais c’est aussi une réalité artistique intéressante, il y a une émulation, un peu de compétition… ce n’est pas si mal…
*Ton nom est apparu avec celui de Oizo, tu avais fait quoi avant ?
Avant, j’avais un autre nom de dj, que j’ai souhaité changer parce que j’avais fait des projets embarrassants… (sourire.) Non, pas vraiment embarrassants, juste que je ne voulais pas les garder sur mon Cv. J’ai fait des tonnes de tournées avec des groupes, j’ai fait beaucoup de choses sous d’autres noms.
*Avec qui ?!
J’ai été un peu avec ATK, Kenny Boss, Triptik… la connexion rap français ou comment se débrouiller en tant que jeune dj et producteur à Paris !
*Tu as fait des morceaux pour ATK ?!
Non, j’étais Dj, par contre mon pote Tacteel faisait des morceaux pour eux. Pour revenir à Oizo, je l’ai connu quelques années avant tout ça, on est devenu de suite ami. J’ai toujours adoré sa musique et quand il a fait son album, j’étais toujours dans le studio, à apporter deux / trois trucs. Je trouve que Analog worms attack est un album fondamental et j’ai décidé de changer de nom à ce moment-là, pour commencer fresh !
« La musique c’est de la culture, la culture pour moi, c’est un truc qui t’élève de ta vie de merde, moi y compris, je suis content qu’on puisse tous y avoir accès… »
*Qu’est-ce que tu penses des films de Oizo, de son univers ?
Je trouve que Quentin (Monsieur Oizo – ndlr) est un artiste immense, un génie, et comme tous les génies, de temps en temps ça se plante. Il y a des morceaux ou des films dans lesquels il y a des choses que je n’adore pas, mais c’est quand même l’un de mes artistes préférés au monde, et je crois à ce mec comme personne !
*À quand l’album Feadz/Oizo ?
Je ne suis pas sûr que cette démarche l’intéresse… On en a fait l’expérience, je lui ai demandé de participer sur le projet Uffie, et il y a des choses qui ne lui ont pas plu dans cette aventure, la manière dont ça nous a échappé entre autre, je crois que pour l’instant ce n’est pas d’actualité…
*À quel moment la musique devient ta vie, comment ça se passe ?
Mes deux parents sont professeurs, et j’ai eu beaucoup de mal à l’école. Je n’étais pas dans mon élément, et j’ai toujours senti qu’ils attendaient beaucoup de moi. Grâce à un mec comme Oizo, qui lui a réussi assez vite à gagner pas mal de fric avec la musique, je me suis dit : « Allez je me lance, si je vis comme un clochard toute ma vie, au moins je ferais ce qui m’intéresse… », et je me suis lancé.
C’était un choix, mais aussi une rupture. J’avais changé d’université plusieurs fois, je ne faisais rien d’intéressant, il me manquait toujours un truc pour avoir un diplôme… J’ai bien fait, j’aurai même dû le faire avant. C’est toujours la passion qui a dirigé ma vie, il n’y a jamais vraiment eu de choix. Je viens d’avoir trente ans, je regarde autour de moi et je vois que les gens construisent des carrières, ont des ambitions… ce n’est plus du tout comme avant.
Quand j’avais 14 ans, que j’étais passionné de musique et que j’économisais pour acheter des disques, les musiciens qui étaient autour de moi ne vivaient pas comme des rois, ils n’avaient pas une thune. J’étais proche de la MalkaFamily ou des dj’s de Nova, ce n’était pas facile ; les choses ont énormément évolué, et je suis content de faire partie de la donne.
*Sur ta page Myspace, dans tes influences tu cites ton père…
Euh… oui, j’ai mis ça pour qu’il ait de la visite sur son site Internet ! Mon père est peintre et c’est une influence dans le sens où c’est quelqu’un qui a été prof toute sa vie, donc qui avait une énorme liberté dans l’art. Moi, à un moment, je me suis senti rattrapé par ce truc : tu fais un disque, le fait que tu le trouves bien est une chose, mais est-ce qu’il va intéresser d’autres gens ? Est-ce qu’il va se vendre ?
Je suis tombé dans un engrenage et je me suis dit : « c’est du boulot… » Mon père est une influence dans le sens liberté de création, avec la volonté ne pas dépendre de sa peinture… Je ne pense pas avoir été complètement tributaire de ma musique, je n’ai jamais essayé de faire de hits, j’ai toujours été attiré par des trucs qui ne plaisaient à personne quelque part !
Feadz, la conversation #archive
*D’un titre que tu composes avec ta copine, c’est devenu un hit, comment tu l’as vécu ?
Si c’est vraiment un hit, on le saura… c’est vrai qu’il y a une petite magie qui s’opère avec ce morceau. Personnellement je n’ai jamais été attiré par ce truc de hit, je suis touché par toutes sortes de musique, et parfois même très mainstream, mais j’ai toujours compliqué les choses pour mon son, j’ai peut-être ce côté immature de faire de la musique qui ne plaît pas à ses parents !
Pour Pop the glock, je n’étais pas tout seul, il y avait Uffie et un pote à moi, ingénieur du son, qui m’a donné un coup de main, et effectivement il y a un truc qui s’est passé, mais ce n’était pas forcément l’ambition première de ce morceau.
*Tu travailles souvent avec des gens…
Non, pas assez… aujourd’hui Paris ça n’est pas comme Berlin. Chacun est un peu dans son délire, les gens gardent leurs trucs pour eux, il n’y a pas ce partage qu’il me semble y avoir à Berlin, c’est un peu dommage.
*C’est assez français comme démarche, non ?
Oui, et d’essayer d’être un peu plus haut que les autres aussi, il y a ce truc un peu dur à Paris, mais c’est aussi une réalité artistique intéressante, il y a une émulation, un peu de compétition… ce n’est pas si mal…
*Ton nom est apparu avec celui de Oizo, tu avais fait quoi avant ?
Avant, j’avais un autre nom de dj, que j’ai souhaité changer parce que j’avais fait des projets embarrassants… (sourire.) Non, pas vraiment embarrassants, juste que je ne voulais pas les garder sur mon Cv. J’ai fait des tonnes de tournées avec des groupes, j’ai fait beaucoup de choses sous d’autres noms.
*Avec qui ?!
J’ai été un peu avec ATK, Kenny Boss, Triptik… la connexion rap français ou comment se débrouiller en tant que jeune dj et producteur à Paris !
*Tu as fait des morceaux pour ATK ?!
Non, j’étais Dj, par contre mon pote Tacteel faisait des morceaux pour eux. Pour revenir à Oizo, je l’ai connu quelques années avant tout ça, on est devenu de suite ami. J’ai toujours adoré sa musique et quand il a fait son album, j’étais toujours dans le studio, à apporter deux / trois trucs. Je trouve que Analog worms attack est un album fondamental et j’ai décidé de changer de nom à ce moment-là, pour commencer fresh !
« La musique c’est de la culture, la culture pour moi, c’est un truc qui t’élève de ta vie de merde, moi y compris, je suis content qu’on puisse tous y avoir accès… »
*Qu’est-ce que tu penses des films de Oizo, de son univers ?
Je trouve que Quentin (Monsieur Oizo – ndlr) est un artiste immense, un génie, et comme tous les génies, de temps en temps ça se plante. Il y a des morceaux ou des films dans lesquels il y a des choses que je n’adore pas, mais c’est quand même l’un de mes artistes préférés au monde, et je crois à ce mec comme personne !
*À quand l’album Feadz/Oizo ?
Je ne suis pas sûr que cette démarche l’intéresse… On en a fait l’expérience, je lui ai demandé de participer sur le projet Uffie, et il y a des choses qui ne lui ont pas plu dans cette aventure, la manière dont ça nous a échappé entre autre, je crois que pour l’instant ce n’est pas d’actualité…
*À quel moment la musique devient ta vie, comment ça se passe ?
Mes deux parents sont professeurs, et j’ai eu beaucoup de mal à l’école. Je n’étais pas dans mon élément, et j’ai toujours senti qu’ils attendaient beaucoup de moi. Grâce à un mec comme Oizo, qui lui a réussi assez vite à gagner pas mal de fric avec la musique, je me suis dit : « Allez je me lance, si je vis comme un clochard toute ma vie, au moins je ferais ce qui m’intéresse… », et je me suis lancé.
C’était un choix, mais aussi une rupture. J’avais changé d’université plusieurs fois, je ne faisais rien d’intéressant, il me manquait toujours un truc pour avoir un diplôme… J’ai bien fait, j’aurai même dû le faire avant. C’est toujours la passion qui a dirigé ma vie, il n’y a jamais vraiment eu de choix. Je viens d’avoir trente ans, je regarde autour de moi et je vois que les gens construisent des carrières, ont des ambitions… ce n’est plus du tout comme avant.
Quand j’avais 14 ans, que j’étais passionné de musique et que j’économisais pour acheter des disques, les musiciens qui étaient autour de moi ne vivaient pas comme des rois, ils n’avaient pas une thune. J’étais proche de la Malka Family ou des dj’s de Nova, ce n’était pas facile ; les choses ont énormément évolué, et je suis content de faire partie de la donne.
*Sur ta page Myspace, dans tes influences tu cites ton père…
Euh… oui, j’ai mis ça pour qu’il ait de la visite sur son site Internet ! Mon père est peintre et c’est une influence dans le sens où c’est quelqu’un qui a été prof toute sa vie, donc qui avait une énorme liberté dans l’art. Moi, à un moment, je me suis senti rattrapé par ce truc : tu fais un disque, le fait que tu le trouves bien est une chose, mais est-ce qu’il va intéresser d’autres gens ? Est-ce qu’il va se vendre ?
Je suis tombé dans un engrenage et je me suis dit : « c’est du boulot… » Mon père est une influence dans le sens liberté de création, avec la volonté ne pas dépendre de sa peinture… Je ne pense pas avoir été complètement tributaire de ma musique, je n’ai jamais essayé de faire de hits, j’ai toujours été attiré par des trucs qui ne plaisaient à personne quelque part !
[SUITE]