Christian Hosoi a rencontré Dieu, il se nomme Quiksilver

Hosoi Christian
versus
Antoine Éric

 

Christian Hosoi est une légende. Une légende issue du béton des skate-parks des années 80. Rider authentique et doté d’un style puissant et coulé, il est à l’origine de nombreuses figures et il est devenu un mythe en quelques années. Rattrapé par son ego et la cocaïne, il échoue en prison pour cinq ans, rencontre dieu et devient son émissaire à roulettes.

 

C’est toujours marrant d’interviewer une légende. Une légende raconte des anecdotes fumantes, son passé de rock-stars, les filles à gogo, les grosses voitures, les années de vaches maigres et explique que la sérénité est finalement reposante. Par contre questionner Christian Hosoi c’est une autre paire de manches. Néanmoins, on a pu avoir quelques informations. Il explique ses débuts dans le skate : « j’ai commencé à faire du skate très jeune, dans les années 70, et j’ai tout de suite accroché. Mon père a remarqué que c’était vraiment quelque chose de très important pour moi, et il est devenu le manager du skate-park de Marina Del Rey, là où on habitait. J’ai pu pratiquer ma passion tous les jours ! »

L’époque était faste pour le skate-board. Les compagnies émergentes et les bons riders sont peu nombreux. Hosoi devient alors un membre de la fameuse Bones Brigade de Powell Peralta. Pour des raisons qui ne regarde que lui, il quitte Powell, un enchaînement de mauvais choix se profile à l’horizon : « Je suis parti de Powell car Stacy Peralta ne voulait pas me donner de modèle sous prétexte que j’étais trop jeune. Dogtown m’avait promis une board dès mon arrivée dans la marque, mais ils ont fait faillite. Je suis alors allé chez Alva, là j’ai créée le fish-shape, ensuite je suis passé chez Sims et c’est là qu’est apparu mon logo Kamikaze (les bandes rouges et blanches quoi…). J’ai eu ma propre compagnie Hammerhead en 1984, j’avais alors 17 ans. Le skate était vraiment énorme à ce moment-là… ».

On sent que le Hosoi a la bougeotte, et ça continue de plus belle : « Je suis allé ensuite chez Skull Skate, puis Santa Cruz, ça n’a pas marché entre nous, donc j’ai fait une compagnie skate et surf avec le père du surfeur Christian Fletcher, qui n’a pas supporté le business du skate. En 92/93 j’ai créé Milk Skateboard, qui n’a pas marché et en 94 on a fait Focus Skateboard Unlimited avec Dave Duncan & Eddy Reategui. » Au vu des noms des associés il semble normal que tout ça finisse mal. « J’en avais marre du skate, je passais mon temps à faire la fête et j’étais à fond dans la cocaïne… Bref, je me suis fait arrêter pour possession de drogue en janvier 2000 et j’ai pris cinq années de prison. »

C’est à ce moment-là que ça commence à sentir le sapin pour Christian : « je me suis vraiment pris une claque et j’ai réalisé que j’avais tout, et que tout m’avait échappé… je suis revenu à la réalité, ça a été très difficile, il a fallu que j’admette mes erreurs. J’ai donc appelé ma copine avec mon coup de téléphone de prisonnier, et j’ai pleuré en lui disant que je voulais m’en sortir. Elle m’a parlé de Dieu, et que Dieu pourrait m’aider. Le plus étrange dans cette histoire, c’est que quelques jours auparavant, j’étais allé à l’église pour la première fois de ma vie, avec ma copine, qui avait décidé de laisser tomber la drogue. Moi, j’étais encore complètement défoncé… »

 

Et là, c’est le drame : « au bout de trois semaines en prison, j’ai ouvert une bible. C’était la première fois que je le faisais et là j’ai compris que Dieu serait mon sauveur. J’ai compris qui était Jésus Christ et ce qu’il a fait pour nous sur la croix. Je suis un suiveur et il m’enseigne chaque jour pourquoi je suis-là… » On nous avait prévenu, Christian est  le nouveau porte-parole de Dieu, de la race des Born Again Christians. À Partir de là on ne pouvait plus en placer une, les yeux de Christian se sont mis à briller, il a vu en nous des cibles idéales, des interlocuteurs patients, des français polis.

On a bien essayé de lui couper la parole, de lui parler de skate, Eric Antoine lui a même fait comprendre qu’il n’était pas croyant, et qu’il était plutôt un fidèle des théories de Darwin. Mais rien ne pouvait arrêter Christian. Il était dedans, à 200%. Dieu lui avait permis de skater à nouveau, lui a donné des réponses et surtout il était persuadé que ce n’était pas une coïncidence si nous étions tous les trois réunis dans ce préfabriqué, au cœur de la Suède. On était vraiment très content mais le temps commençait à durer. Christian ne nous lâchait pas, il devait avoir un quota à remplir ou une obligation du genre.

Étant donné qu’il pleuvait et que nous étions souvent regroupés sous les tentes à discuter avec les collègues de différents pays, on en a profité pour boire des bières gratuites. Donc face à Christian, on avait vachement envie de pisser. Et comme il n’arrêtait pas de nous sermonner, on ne voyait pas le bout de cette interview-monologue. Il a fallu en découdre. Je lui ai donc posé la question simple  mais efficace : « Penses-tu avoir été sauvé par dieu de la drogue parce que tu as inventé le Christ Air ? » Christian n’a pas trouvé ça drôle, il a même qualifié la question d’ « ironique ». Ça a mis un terme à tout ce prosélytisme et autres balivernes d’américain.

 

http://www.hosoiskates.com/
http://en.wikipedia.org/wiki/Born_again_Christianity

 

Libre à vous de nous suivre

2 Commentaires

  1. Publié le 15 mai 2009 à 13:00 | Permalien

    IN GO(L)D WE TRUST !

  2. Publié le 5 mai 2009 à 10:42 | Permalien

    assez génial comme angle !
    faut pas vieillir …

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