La BO rap de Mad Max

 LA B.O.F rap de Mad Max

rap français pour go fast apocalyptique

 

Mad Max n’en finit plus de déchaîner les passions. Chef d’œuvre pour les uns, pétard mouillé pour les autres, porteur de message pour certains, simple claque visuelle pour d’autres, youplaboum ! il y en aura pour tout le monde. Histoire d’être clair, voilà probablement la meilleure review du film, avec un esprit de synthèse qui devrait être pris pour modèle par de nombreux critiques.

 

Michael Bay ?

 

Malgré un Mathieu Kassovitz pas convaincu, il nous est venu une idée pas piquée des hannetons. Et si Mad Max avait, comme La Haine, Mesrine ou Ong Bak, eu droit à une bof rap, ça donnerait quoi ? Parce que Junkie XL c’est super, mais un brin classique quand même.

NB : si vous avez aimez le film mais que vous n’aimez pas le rap, il est probable que cet article vous dégoûte. Et si vous n’aimez ni mad max ni le rap, franchement foutez le camp.

 

 

*25G feat SETH GUEKO – CABOCHARD

Les braqueurs, kidnappeurs, si t’as peur, crie ailleurs.

Parce que globalement, rien dans ce clip ne prouve qu’on n’est pas déjà dans le monde de Mad Max, à commencer par la tête et la dégaine de 25G et ses potes. Sauvagerie, caravanes partout, hygiène nulle part (#NoLuc Jousse), Mad Max aussi c’est pour les têtes cabossées et tous les cabochards.

 

*GRADUR feat NIRO – MILITARIZÉ

Militarizé, militarizé, A 2 heures le videur nous a recalés,
à 6 il s’est fait arroser.

Pour une bo comme ça, il faut une bonne dose de fureur et de violence gratuite, et pour ça on peut toujours compter sur Gradur et sa trap à la limite de l’hymne martial. On imagine parfaitement les war boys s’entraîner au rythme de « Sur du Gradur fais des pompes des tractions » tandis que Niro peut rappeler leur dégaine physiquement parlant. Oui, ça compte, même si ça aurait été encore mieux avec Nessbeal.

 

*ALPHA 5.20 – OUSSAMA DE DAKAR

frère arrête de rêver, depuis que la Terre est ronde, on kidnappe,
on viole, pour du pécule on te plombe

Une instru froide, une voix reconnaissable entre mille, et des lyrics qui constatent l’état d’un monde sans espoir de rédemption : Alpha 5.20 serait lui aussi à sa place en commentateur du monde dévasté de nos amis. A noter qu’il pourrait rapper « pour du PQ on te plombe » histoire de coller un peu plus à l’ambiance, histoire d’être perfectionniste.

 

*MAFIA K’1FRY – POUR CEUX

Pour les touaregs, les pirates du bitume, qui ont peu de chicots
sur le côté, qui boitent, balafrés, avec un œil
qui se barre en couilles, toujours devant quand y’a embrouille

L’intégralité des personnages du film pourrait scander ce refrain dans à peu près toutes les séquences d’action, tranquillou, vu que la description correspond parfaitement à de nombreux protagonistes.

 

*HYPE & SAZAMYZY – FEUX D’ARTIFICE

Bordel dans les parages, on bloque la rue,
cortège même si y’a pas d’mariage

La prod, le titre, ça pourrait parfaitement être illustré dans un clip par des extraits du film avec leur déferlement de couleurs explosives. Les plus réfractaires au long-métrage admettent malgré tout une réussite formelle. Autrement dit, Miller pourrait lâcher lui aussi « la concurrence j’estime qu’elle fait du coloriage » le plus pépèrement du monde.

 

*MINISTÈRE A.M.E.R – FLIRT AVEC LE MEURTRE


Comme la nouvelle mouture de George Miller, ce classique du Ministère est long, épuisant, énervé, et surprenant. La performance hystérique de Stomy qui monte en puissance couplet après couplet illustrerait parfaitement certains moments de la course-poursuite du film. Le point commun principal : tout peut arriver.

 

*SEFYU – MOLOTOV 4

 

Ça va vite, ça gueule, on ne comprend pas tout, et même quand on comprend il arrive que ça n’ait foutrement aucun sens (« Danse comme un cheval »), mais l’énergie est on ne peut plus communicative et après écoute, vous serez vidés (ce n’est pas sale). Comme en sortant d’une séance de Mad Max.

 

*ROHFF – CE SON C’EST LA GUERRE

Style pare-balles, truc de baisé mental comme une bagarre générale entre tous les Terriens

Un guerrier solitaire prêt à combattre la Terre entière dans un monde post-apocalyptique, une détermination à toute épreuve et un côté kamikaze les jours de pleine lune : si Rohff avait un jour besoin de ghostwriter il pourrait toujours compter sur ce bon vieux Max Rockatansky.

 

*METEK – BONE

 

Ce qui motive les personnages, c’est la survie mais aussi l’espoir d’un Eldorado. Peut-être réel, peut-être fantasmé, au fond on s’en fout. Chacun a le droit de rêver de rayon de soleil une fois de temps en temps et ce titre de Metek s’y prête parfaitement.

 

*CASEY & ZONE LIBRE – UNE TÊTE A LA TRAÎNE


Parce qu’il existe sur cette planète un paquet de gens qui s’emmerdent profondément, Mad Max a apparemment soulevé quelques débats sur les enjeux féministes ou non du film. Très sincèrement je vais juste partir du personnage ultra badass de Charlize Theron qui justifie la présence de Casey sur ce tracklist, avec une instru rock et un refrain entêtant, répété jusqu’à plus soif par une meuf-que-t’as-pas-envie-de-faire-chier.

 

*TANDEM – TROP SPEED


Il faut tout simplement illustrer les moments de course-poursuite purs et durs, alors quoi de mieux que l’exercice de style des deux loustics d’Aubervilliers qui cavalaient sur cet instru de leur premier album sans se permettre de temps mort.

 

*LMC CLICK feat GRODASH, Ol Kainry, GAZEL, Al Kpote, Smoker, Nubi
– 91 SUPERTHUGZ REMIX

Nous tends pas la main ou bien on t’arrachera le bras

Le 91 est un département qui fait peur à suffisamment de crétins pour qu’on puisse le comparer au no man’s land de Mad Max, en particulier l’axe Évry Grigny Corbeil. Blague à part, le côté all-star de ce remix des LMC qui réunit de nombreuses têtes nous donne un posse-cut qui rappellera les plus belles heures du méchant Immortan Joe et ses sbires au faciès agressif.

 

*KENY ARKANA – LA RAGE


Parce qu’à un moment dans le film, on voit un gang de mamies soixante-huitardes qui filent un coup de main aux héros en zigouillant pas mal de bad guys. Il fallait donc un quota rappeuse consciente et c’est là que Keny intervient avec sa rage toute sudiste et ses rimes qu’on pouvait sans doute retrouver inscrites au tipex sur bon nombre de sac à dos de collégiens.

 

*EXPRESS DIREKT – MON ESPRIT PART EN COUILLE


Comme le titre l’indique. Les énergumènes du 78 enchaînent les flows qui partent dans tous les sens pour une ambiance à la fois sombre et délirante, n’hésitant  pas à s’amuser carrément sur certains passages. Derrière le côté énervé, une bonne dose de bonne humeur. Mad Max c’est aussi ça, des gens qui peuvent faire peur mais qui s’amusent comme des petits fous.

 

*BOOBA feat SIR DOUM’S & MALEKAL MORTE
– 100-8 Zoo

J’écris pas d’douceur, peut-être parce que vis dans la haine

Peut-être, oui. Troisième et dernier posse-cut de notre playlist qui met cette fois en vedette Booba et ce qu’on pourrait appeler ses war boys de l’époque, chacun faisant de son mieux pour impressionner l’auditeur, avec un éventail de styles différents et complémentaires. Il y a les percheurs, les conducteurs, les barbares qui attaquent à l’ancienne, les mecs plus techniques, etc.

 

*KAARIS – JE REMPLIS LE SAC

le pe-ra, je l’ai enfanté, ça fait 10 ans sans me vanter,
que je lui mets les gencives ensanglantées

Parce que malgré son jeune âge par rapport au méchant du film, Kaaris est plus à même d’illustrer l’attitude générale d’Immortan Joe qu’un Kool Shen grabataire. Arrogance, agressivité, humeur de dictateur et harem féminin exploité sans remords, tout est là.

 

 

*ALONZO feat JUL – NORMAL

Parce que dans Mad Max, il y a quand même un mec qui joue d’une guitare lance-flammes, tranquillement juché sur un des nombreux véhicules des méchants, ne semblant pas du tout se soucier de tout ce qu’il se passe autour de lui. On ne sait pas qui c’est, encore moins ce qu’il fout là, mais il est indispensable au chaos général, en plus d’être bien comique.

Et c’est pour ça qu’on a besoin de Jul. Qui reprend ici avec Alonzo « Les Démons de minuit », sans aucun complexe, un peu comme Tom Hardy reprend le rôle de notre acteur raciste préféré.

 

LIM – J’REMERCIE

et j’remercie mon couteau de m’avoir sauvé la vie le soir
où j’ai perdu mes dents et mon sang sur le parvis

Là c’est clairement le générique de fin, LIM déroule de nombreux remerciements qui vont de ses proches jusqu’aux flics qui l’ont tabassé, le tout accompagné de chœurs féminins tout au long de ce morceau sans refrain. Si Max parlait un peu plus, il dirait sans doute la même chose, enfin sauf le passage sur les clients qui lui ont acheté de la drogue, mais on va pas chipoter.

 

Des idées organisées et transcrites par Spleenter.

 

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